Graphiques#
Dès la seconde
Cette partie réinvestit le tracé découvert dans la page « Données ». Construire un graphique ne consiste pas seulement à choisir une couleur : il faut déterminer les points à calculer, choisir une représentation adaptée, régler le repère et conserver un regard critique sur l’image obtenue.
Tracer une fonction sur un intervalle#
Le module matplotlib reçoit une liste d’abscisses x et une liste d’ordonnées y de
même longueur. Pour tracer une fonction, on choisit d’abord un intervalle \([a;b]\), puis on le
découpe en n sous-intervalles de même largeur. On obtient ainsi n + 1 points, bornes
comprises.
Le programme sépare quatre choix : la fonction, l’intervalle, le nombre de subdivisions et le
type de tracé. On peut donc remplacer f sans modifier la boucle. À l’inverse, augmenter n
ne change pas la fonction : cela fournit seulement davantage de points à matplotlib.
Rendre le graphique lisible#
Un graphique doit pouvoir être compris sans relire le programme. Un titre, le nom des axes, une
grille et une légende précisent ce qui est représenté. Les axes du repère peuvent être ajoutés avec
axhline et axvline.
Les commandes xlim et ylim fixent la fenêtre visible. Change plt.ylim(-2, 10) en
plt.ylim(-20, 40) : la courbe est identique, mais ses variations paraissent moins marquées.
Le choix du repère influence donc la lecture, jamais les valeurs de la fonction.
Comparer plusieurs fonctions#
Dès la première
Plusieurs appels à plot avant show placent plusieurs courbes dans le même repère. Il faut
alors conserver les mêmes abscisses et identifier chaque fonction par une légende.
La deuxième parabole est translatée horizontalement ; la troisième paraît plus resserrée. Le graphique aide à formuler ces observations, mais ne les démontre pas. De même, une intersection lue sur la figure fournit une valeur approchée qu’un calcul doit confirmer.
Courbe, nuage ou points isolés ?#
Relier des points par des segments suggère que des valeurs intermédiaires ont un sens. Ce choix convient à la courbe approchée d’une fonction ou à une évolution continue, mais pas toujours à une suite ou à un ensemble de mesures.
Commande |
Représentation |
Exemple d’usage |
|---|---|---|
|
points reliés |
fonction ou évolution ordonnée |
|
nuage de points |
mesures ou termes d’une suite |
|
barres séparées |
effectifs par catégorie |
|
répartition par classes |
distribution d’un échantillon |
L’histogramme est utilisé plus loin dans la page « Simulations ». Ici, la suite définie par \(u_0=20\) et \(u_{n+1}=0{,}75u_n+2\) n’existe qu’aux rangs entiers : un nuage de points respecte cette nature discrète.
Remplace scatter par plot puis par plot(rangs, termes, "o-"). Les valeurs calculées ne
changent pas, mais les segments ajoutés peuvent donner l’impression que la suite possède des
valeurs entre deux rangs entiers.
Tracer une courbe paramétrée#
Une courbe peut être décrite par deux coordonnées qui dépendent d’un même paramètre. Lorsque \(t\) parcourt \([0;2\pi]\), les relations
décrivent une ellipse. Pour \(a=b\), on obtient un cercle.
L’instruction axis("equal") impose la même échelle sur les deux axes. Sans elle, même un cercle
peut sembler elliptique. Modifie a et b, puis vérifie sur le graphique les quatre points
d’intersection avec les axes.
Un graphique peut être trompeur#
Un tracé est construit à partir des seules valeurs calculées. matplotlib ne connaît ni les
variations de la fonction entre deux points, ni son domaine de définition. Il relie simplement les
points dans l’ordre fourni.
Un pas trop grand#
La fonction \(x\mapsto\sin(8x)\) oscille huit fois sur \([0;2\pi]\). Un choix malheureux de seulement seize subdivisions rencontre presque uniquement des zéros et masque ces oscillations.
Une courbe apparemment régulière ne garantit donc pas que le nombre de points est suffisant. Il est utile de recommencer avec un pas plus petit et de vérifier si l’allure se stabilise.
Une fonction discontinue#
Le premier programme ignore bien \(x=0\), où la fonction inverse n’est pas définie. Pourtant,
la liste place les valeurs négatives puis positives à la suite : plot relie donc les deux côtés
de la courbe par un segment qui n’a aucun sens mathématique.
Pour éviter cette fausse liaison, on construit une liste de chaque côté de la valeur interdite et on effectue deux tracés séparés.
Avant d’interpréter un graphique, trois contrôles sont donc utiles : vérifier le domaine de définition, diminuer le pas et essayer une autre fenêtre.
Mise en pratique#
1. Tracer une fonction polynôme. Représenter \(f(x)=x^2-3x+2\) sur \([-2;5]\) en ajoutant un titre, le nom des axes, les axes du repère et une grille.
2. Comparer deux fonctions. Dans un même repère, tracer \(f(x)=x^2-4\) et \(g(x)=2x-1\) sur \([-4;4]\). Estimer graphiquement les abscisses des points d’intersection, puis contrôler ces valeurs par le calcul.
3. Représenter une suite. Pour \(u_0=1\) et \(u_{n+1}=0{,}6u_n+4\), calculer les quinze premiers termes et les représenter par des points isolés. Ajouter la droite horizontale d’équation \(y=10\), puis commenter l’évolution observée.
4. Modifier une courbe paramétrée. Tracer l’ellipse définie par \(x(t)=4\cos(t)\) et \(y(t)=\sin(t)\) pour \(t\in[0;2\pi]\). Utiliser la même échelle sur les deux axes et faire apparaître les axes du repère.
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